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VIV ALBERTINE

« On dit que le temps change les choses, mais en fait le temps ne fait que passer et nous devons changer les choses nous-même » Andy Warhol (extrait du livre “De fringues, de musique et de mecs”).

« De fringues, de musique et de mecs » c’est l’histoire d’une petite fille Viviane issue de la classe populaire, élevée dans le nord de Londres, passionnée de musique qui va devenir la guitariste du premier groupe de punk rock féminin Anglais dans les années 70, The Slits.

Elevée dans un milieu très modeste, Viv et sa sœur sont régulièrement battue par leur père qui finit par quitter le foyer familial du jour au lendemain, pour leur plus grand bonheur. C’est l’écoute de « Can’t buy my love » des Beatles qui sera une révélation pour Viviane. Elle comprend surtout que cette chanson va changer le monde. Que la musique va changer sa vie.

Ses amitiés atypiques, son côté rebelle et son look remarquable qu’elle travaille avec le plus grand soin lui font rencontrer dans l’école d’Art où elle suit ses cours, Mick Jones qui va devenir son grand amour de jeunesse et qui deviendra lui-même par la suite le guitariste des Clash. Elle quitte le foyer familial, s’installe dans un squat. Sa passion pour la musique l’amène à fréquenter des musiciens, elle devient l’amie intime de Sid Vicious. Soutenue par Mick Jones, elle s’achète une guitare. Autodidacte, son apprentissage n’est pas facile. Persévérante, elle sera finalement « admise » en tant que guitariste dans ce qui va devenir le premier groupe de punk féminin The Slits, littéralement les fentes.

Concert, tournées, écriture de chansons, succès puis arrêt. C’est la fin du groupe en 1982 et le retour difficile dans la vraie vie. Comment faire face à un si grand vide ? Prof d’aérobic, cours du soir, réalisatrice à succès de clips vidéos pour MTV puis femme au foyer elle troque sa guitare contre des ballerines Prada et la vie de Bourgeoise bien rangée qui va avec. Les épreuves de la vie ne l’épargneront pas, la difficulté d’avoir un enfant, la maladie, l’échec de son mariage, remise en question professionnelle mais sa rage de vaincre et sa passion pour la musique, la vie et l’amour triompheront.

THE SLITS
PHOTO DAVID CORIO
PHOTO KENNY MORRIS

POURQUOI CE LIVRE M’A EMU ?

Je ne suis pas une fan de la musique Punk bien au contraire, mais il y a dans la vie des lectures qui marquent à jamais et la lecture de ce livre, pour ma part en fera parti. Pourquoi ce livre m’a tellement ému ? Tout d’abord parce que j’ai 44 ans, que j’ai vécu des expériences dans ma vie (sans être guitariste d’un groupe de Punk Rock !) qui font que son histoire a une résonnance en moi. J’aime la musique, elle est ma madeleine de Proust journalière et je comprends la passion que l’on mets dans l’accomplissement de certaines choses, que cela soit la musique, le sport, la mode, l’art, la photo ou autre chose et ce qui a fait que Viv ait décidé de tout plaquer pour en faire, pour en être.

Parce que je suis admirative de l’auteur, de la femme, de la mère, de l’épouse, de la musicienne, de l’amie qu’elle a été et de sa détermination dans les choses qu’elle entreprend. Elle doute d’elle sans arrêt, mais cela ne l’empêche pas de faire les choses. Elle a la volonté d’y arriver et de s’épanouir dans ce qu’elle fait. Elle ne choisit pas toujours la facilité et après les 17 années passées aux côtés d’un mari aimant, dans le luxe d’une grande maison contemporaine, elle décide de quitter ce confort de vie pour vibrer et continuer à faire de la musique. Pour être elle.

J’ai aimé ce livre car il aborde, ce que je considère comme étant des grands thèmes comme celui de la difficulté d’avoir un enfant, de la lourdeur des traitements pour en avoir, de la maltraitance de la part des médecins hommes, de la relation amoureuse, du couple, de la difficulté et complexité de vivre une relation amoureuse sincère et surtout après 40 ans sans parler de la difficulté de la rencontre. Ce livre aborde également la manipulation, le jugement des autres sur sa situation quand elle est un peu différente, de la maladie, de la mauvaise rencontre, de l’industrie musicale dominée par les hommes et de cette société en général qui est dominée par les hommes. La difficulté d’être prise au sérieux pour une femme, la peur du changement, la volonté de se montrer créative même lorsque l’on est en couple.

Ce livre m’a beaucoup ému parce qu’il parle de mode une autre de mes passions, de Vivienne Westwood et son influence dans les années 70, du magazine The Face qui a guidé mes premiers pas dans ce que je ne connaissais pas et que l’on appelle aujourd’hui “la contre-culture”, de Neneh Cherry qui me rappelle un épisode de ma vie, de mes 15 ans et de ma découverte de la musique rap, parce qu’il parle de drogue et de la difficulté d’y être confronté quand est jeune et vulnérable, d’apprendre à se connaître, de savoir dire non aux choses, aux gens, de comprendre ce qui est bon pour soi et ce qui ne l’est pas, le pouvoir des fréquentations. Parce qu’il parle de musique, de Londres une ville que j’affectionne particulièrement, de rébellion, et de mecs bien sûr, de mecs rebelles, que je n’affectionne plus tellement aujourd’hui !

Parce que cette fille a du talent, elle est drôle, déterminée, belle. Parce qu’elle construit au travers des vêtements sa personnalité, parce qu’elle ne veut pas vivre une vie banale, parce qu’elle n’a pas peur de se lancer de nouveaux défis, de faire les choses même si elle n’a pas forcément de formations dans ce qu’elle entreprend. Elle marche à l’instinct. Elle est intuitive.

Elle ne se montre pas sous son jour le plus positif mais elle se montre telle qu’elle a été, telle qu’elle est. C’est une vision honnête, parfois drôle parfois triste, émouvante. Les situations vécues parfois dérangeantes mais c’est très réaliste, jamais vulgaire c’est une histoire vraie racontée avec les tripes. Et puis … quel humour. J’allais oublier … la petite citation qui démarre chaque chapitre. Parfaite.

PETIT TOUR D’HORIZON DE CETTE EPOQUE

LA BOUTIQUE SEX AU 430 KINGS ROAD
MALCOM MACLAREN & VIVIENNE WESTWOOD

C’est au 430 Kings Road à Londres, à la fin de l’année 1971 que Malcom McLaren, Vivienne Westwood et Patrick Casey ouvre leur boutique « Paradise Garage ». Devenant « Let it Rock » alors que le mouvement hippie est toujours à la mode, ils y vendent des articles en relation avec le rock des années 50. Très vite ils la rebaptisent une nouvelle fois « Too Fast To Live, Too Young To Die » en 1974 puis Sex. On y trouve des stocks des boutiques précédentes, des accessoires fétichistes et des créations de Vivienne Westwood.
Ce qui fera leur succès les t-shirts inspirés de la pornographie avec des messages obscènes et provoquants et les interdictions dont ils feront l’objet. C’est dans l’arrière boutique que John Lydon passe une audition. Ce sera le début des Sex Pistols dont Malcom Mc Laren sera le manager. En 1977 le magasin change encore de style et de nom « Seditionaries » puis une nouvelle fois en 1980 avec la collection Vivienne Westwood inspirée d’une tendance Pirate. La boutique s’appellera World Ends. En 1983 Vivienne Westwood et Malcom McLaren se séparent et mettent un terme à leur collaboration et à la boutique.

SPIRIT OF THE 76 – LONDON PUNK EYEWITNESS de John INGHAM
SID VICIOUS

QUELQUES MOTS SUR NEVILLE BRODY ET SUR LE MAGAZINE THE FACE

Nevile Brody a réalisé la maquette de l’album Cut pour The Slits en 1979. Il accèdera à la notoriété avec le magazine The Face en révolutionnant la mise en page avec une maquette hyper innovante. The Face est un magazine culturel crée en 1980 par Nick Logan, ou plutôt devrais-je dire contre-culturel ! Mode, musique, art et design sous le prisme Britannique.

SOUVENIR D'UNE EPOQUE
SOUVENIR DE LONDRES AVRIL 2019

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