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MON AMOUR POUR LE SKATEBOARD

Je n’arrive pas à situer à quel moment précisément remonte mon amour pour le skate … J’ai l’impression que cette culture a toujours fait partie de moi. Disons que c’est une combinaison d’éléments, de gens qui me l’a faite découvrir et aimé. D’abord mon amour pour les sports de glisse. Fans de montagne, mes parents m’ont mis sur les skis dès que j’ai su marcher. Et puis il y a eu le snowboard et le surf des années plus tard.

Il y a eu aussi ce premier skateboard en plastique jaune et cette paire de rollers que la mère de mon père lui avait rapporté d’un séjour à Los Angeles en 1978. Ce skateboard en plastique jaune et ces rollers sont restés accrochés pendant des années dans le garage.

Et puis il y a eu mon tout premier amour platonique en 1987. Un certain Marc D. J’avais 12 ans et il en avait 13. Nous étions au Collège. C’était « un grand ». Il était hyper drôle. Il skatait, venait avec son skate à l’école et avait une paire de Vans. Je trouvais que c’était le gars le plus cool du collège. J’étais raide dingue de lui. Folle amoureuse. Son meilleur ami William G. avait une petite rampe de skate dans le jardin chez ses parents et moi j’hallucinais. Je n’avais jamais vu ça. Natas Kaupas, Stacey Peralta, Steve Caballero, Tony Hawk rythmaient leur conversation. Finalement, Marc était tellement cool qu’il s’est fait viré du collège et moi j’avais le cœur brisé mais le skate était rentré dans ma vie. Et il y restera pour toujours. L’année suivante, je fréquente le Cours Julien, quartier de Marseille et c’est là que j’y retrouve mes amis skateurs Patrick et Romuald.

L’été  1995 est l’une des périodes les plus heureuses de ma vie et celle la plus marquée par le skate. C’est l’insouciance la plus totale. Mes amis sont les pilliers du skatepark de Marseille dans le 8ème : Yann V, Pascal et Jean-Pierre-Pastis, Rémy, les frères Amoretti, Yann Z, Laurent-Momo, Patrice, Olaf, Maxime. J’aime les regarder skater. Ils essayent de m’apprendre mais une chute un peu violente à mon goût stoppera mes ardeurs. J’aime passer du temps avec eux. Ils me font découvrir le hip-hop, le rock, l’art, la photo, la vidéo, New York, les sneakers. Le week-end on se retrouve pour regarder des vidéos de skate qu’ils se passent et se repassent en boucle pour essayer des nouveaux tricks.

J’entends parler de Mark Gonzales, Ed Templeton, Eric Koston, de Zoo York, Supreme, Girls, Chocolate, Lakai, … Mais aussi de Ollie, de Kickflip, de Indy, de Nose Grab. C’est l’été où les skateurs Ricains débarquent à Marseille. Il paraît que notre bowl est exceptionnel. Je rencontre Dan Zimmer de Brooklyn Board. Je croise Nicolas Droze, Babs Charlet, Stéph André. Je me rends à Montpellier chaque été pour le festival Attitude …

Après cette période je me tiens éloignée quelques temps du milieu. Je termine mes études, je travaille dans la mode. Je pars successivement vivre à Paris puis à New York. C’est en 2008 que je retrouve pour mon plus grand bonheur le monde du skateboard grâce à mon ami Peter Giang, skateur, surfeur, photographe et mannequin puis grâce à Dave Ortiz, le fondateur de DQM, un ami très cher avec qui je fais du BMX et du fix bike. Il me fait monter sur ma première planche de surf. Et Pat Conlon me donne mon premier cours. Je rencontre aussi un de ses meilleurs amis Giovanni Reda, fantastique photographe vidéaste et fondateur de la géniale rubrique “Wednesdays with Reda”  sur le site the Berrics. Reda est hyper drôle et d’une gentillesse incroyable, Jeff Mayer talentueux papa et BMXer.

GIOVANNI REDA BROOKLYN NY
DAVE "DQM" ORTIZ
SUPREME "BEFORE" SUPREME NY

Aujourd’hui, le skateboard est enfin une discipline olympique. Je plus qu’heureuse que cette discipline soit enfin considérée et reconnue comme un sport de compétition. J’aime ce sport, tellement beau et difficile à la fois et les gens qu’il m’a permis de rencontrer. C’est un mouvement qui suscite naturellement un intérêt pour les disciplines artistiques. Quelque fois je suis triste de la récupération commerciale qui en est faite, mais, d’un autre côté je me dis que si ça peut faire vivre ceux qui sont passionnés alors c’est très bien.  Aujourd’hui, j’aime la mode par dessus tout mais le skate est à jamais gravé dans mon cœur. Je voulais rendre hommage à cette culture, à ce sport et à tous mes amis skateurs qui m’ont tant donné et tant appris. One love.

A (RE) DECOUVRIR …

Glen E.Friedman
Skateboarder, en 1976 il devient le plus jeune photographe de skate pour le magazine SkateBoarder. Ces clichés et sa vision novatrice de ce “nouveau sport” à l’époque le place comme un des meilleurs dans son art. Hyper visionnaire dans ses cadrages. Il photographie également des groupes de rap, de punk dans les années 80. Sublimes clichés. J’adore le côté un peu punk rock rebelle de ce photographe. Il publie entre autre Fuck you Heroes préfacé par C.R.Stecyk, journaliste artiste acteur majeur dans ce mouvement.

 

Hermès
La marque Hermès présente au travers d’une sublime vidéo mettant en scène deux skateuses sa collection de foulards.

Haroshi
Haroshi, artiste Japonais recycle de vieilles planches de skateboards en œuvres d’art. Il empile plusieurs couches de planches afin de créer une mosaïque de bois en 3 dimensions. A l’intérieur de chaque sculpture, des pièces métalliques elles-mêmes issues des skateboards. Digne représentant d’une certaine esthétique Japonaise, ces pièces constituent pour l’artiste, le squelette, “l’âme de la statue”, en référence à Unkei, sculpteur de Bouddah du 12ème siècle.

Dogtown and Z-boys
Excellent documentaire sur l’histoire des pionniers du skate et l’évolution de ce sport et de cette culture réalisé par Stacey Peralta, skateur professionnel fondateur de la Bones Brigade et de l’entreprise Powell-Peralta. Ce documentaire a gagné un award au Sundance Film Festival en 2001.

Spike Jonze
Passionné de skate et de BMX qu’il pratique, Adam Spiegel (de son vrai nom) débute comme photographe pour un magazine de BMX avant de devenir un réalisateur confirmé avec entre autre le génial « Dans la peau de John Malkovitch » réalise des clips vidéos et des films de skate dont l’excellent VideoDays, Mouse, Yeah right et Hot Chocolate tour. Réalisateur du dernier film pour le parfum Kenzo World.

David Carson
Surfeur professionnel et directeur artistique de Transworld Skateboarding de 1984 à 1988, il est connu pour avoir cassé les codes de la typographie et de la mise en page.Son ouvrage The End of Print, paru en 1995 et vendu à plus de 200 000 copies est l’un des best seller mondiaux en termes de design graphique.

Hugh Holland
Génialissime photographe de skate dans les années 70, il capture des images de jeunes skateurs dans les rues de Los Angeles, Venice Beach alors que le mouvement est en plein essor. Ces photos sont publiées dans le livre Locals Only. Son travail est aujourd’hui exposé à la M+B Gallery de Los Angeles.

BOOK SURF TO SKATE
EVOLUTION TO REVOLUTION de Stanton Hartsfield and Jason Cohn.
Un indispensable à lire.

Miu Miu
“That one day”
Depuis 2011, et dans le cadre de ses “Women’s Tales”, la marque de vêtements Miu Miu invite chaque année des réalisatrices afin de proposer leur vision de la femme d’aujourd’hui. La réalisatrice Crystal Moselle partage la sienne au travers d’un portrait d’une jeune et talentueuse skateboardeuse. J’aime énormément ce film car au-delà de l’histoire de cette jeune femme qui tente d’apprendre à skater et de la difficulté de ce sport, il s’agit d’aborder des thématiques qui me parlent comme celle de la volonté, du dépassement de soi, de l’importance de la pratique du sport, de la persévérance, de l’acceptation du regard des autres, de la capacité pour une jeune femme à s’imposer dans un milieu strictement masculin, de la difficulté de s’intégrer dans un groupe, de l’adolescence, mais aussi et surtout de l’importance de croire en ses rêves. Un bijou.

Ed Templeton
Skateur et artiste.

L’original
ROULI ROULA tourné en 1965 par Claude Jutra.

The Devil’s Toy Remix
C’est une œuvre qui regroupe 14 films tournés dans le monde entier et qui s’inspirent d’un film sur le skateboard tourné en 1965 tourné par Claude Jutra intitulé Rouli-Roula.

Brian Anderson
Magnifique documentaire, très touchant sur un cador de la planche à roulettes, bRIAN anderson qui fait son coming-out. Réalisé par Reda Giovanni. Emouvant.

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